Histoire et société

La Bosnie-Herzégovine a d’abord principalement été peuplée par les Illyriens 1000 ans avant JC, jusqu’à l’arrivée des Romains aux alentours de 100 ans avant JC. Cela marquera la conversion de la population au christianisme. Autour du 5e siècle, ce sont les Slaves qui entrent sur les terres bosniaques. Un grand conflit religieux et politique éclatera au 12e siècle, lors du partage de territoires balkaniques entre les empires hongrois et byzantin.

Sous la domination ottomane, dans la deuxième moitié du 15e siècle, un peu plus de 30% de la population qui se convertit à l’islam pour contourner l’impôt à payer par les non-musulmans. Progressivement, la part des musulmans augmente pour atteindre environ 50% de la population à la fin du 19e siècle. Le reste des habitants est catholique ou orthodoxe. Les orthodoxes se rapprochent de la Serbie pour tenter une union.

Le 5 octobre 1908, la Bosnie-Herzégovine est annexée à l’Autriche-Hongrie. Cette décision vise à maintenir le statut du pays. Cela rajoute des tensions avec la Serbie. En effet, cette dernière mène une politique qui vise à regrouper les Slaves du sud au sein d’une « grande Serbie ». Or, une partie d’entre eux se trouve alors en Autriche-Hongrie. Les tensions génèrent des actions terroristes. L’assassinat de l’archiduc François Ferdinand, le 28 juin 1914 à Sarajevo est la plus connue et constitue l’élément déclencheur de la Première Guerre Mondiale.

A l’issue de la Première Guerre Mondiale, la Yougoslavie émerge et rassemble les Serbes, les Croates et les Slovènes. Tito la dirige de 1945 jusqu’à sa mort en 1980. La Yougoslavie est une dictature communiste, non alignée sur Moscou. Elle est composée de républiques socialistes, et la Bosnie-Herzégovine en fera partie de 1945 à 1992.

Un matin à Sarajevo
Un matin à Sarajevo

A partir de 1990, les questions d’indépendance ou de maintien en Yougoslavie divisent les Croates et les Bosniaques d’un côté, les Serbes de l’autre. L’indépendance est votée en 1992. Cela conduit aux guerres de 1992 à 1995, avec les accords de paix de Dayton, à la défaite des Serbes, après de multiples interventions de la communauté internationale. Les pertes humaines et matérielles sont sévères, et des crimes de guerre sont commis, tel que le génocide de Srebrenica par l’armée serbe. Depuis, l’ensemble de la société de Bosnie-Herzégovine porte les stigmates de longues guerres et de conflits politiques et ethniques. La connaissance de l’histoire et de la géopolitique de la région facilite la compréhension d’un peuple qui oscille entre division et cohabitation.

Certaines caractéristiques de la société bosniaque peuvent surprendre.

Bien que le machisme soit présent, la place des femmes est semblable à celle des autres pays européens, et l’héritage égalitariste du communisme leur a donné accès aux mêmes domaines qu’aux hommes.

Economie et société

En termes de structure socioéconomique, la classe moyenne émerge tout juste. Il existe un grand fossé entre les 5% très riches de la population, et une majorité à faible revenu, faite d’ouvriers, de paysans et personnes sans emploi. Le taux de chômage avoisine les 30% selon le Bureau International du Travail en 2013. Pour des raisons surtout économiques, plusieurs générations d’une famille vivent sous le même toit. La tradition et les liens familiaux ont été renforcés par la guerre.

L’actuelle Bosnie-Herzégovine est une république fédérale. Elle résulte de l’éclatement de la Yougoslavie, non sans conflits. La dénomination doit attirer l’attention en ce sens que le pays est une fédération de deux entités : la fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska. D’autre part, le pays réunit deux régions historiques aux contours délimités de façon floue : la Bosnie pour 80% du pays et l’Herzégovine au sud, pour les 20% restants.

Indéniablement, le pays conserve des séquelles de son passé et des guerres. La transition après plusieurs décennies de communisme et de dictature, les tensions interethniques et le fort taux de chômage sont autant de défis à relever. L’enclavement spatial, la lente privatisation et la perte de certains marchés suite à l’éclatement de la Yougoslavie compliquent la situation. A cela s’ajoute un système politique qui mérite des réformes structurelles pour plus de coordination et d’efficacité. Le pays est subdivisé en de multiples entités qui ont chacune leurs propres compétences. A titre d’exemple, il existe 13 premiers ministres. Entre la fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska, il subsiste des différences de contenu dans l’enseignement de l’histoire à l’école. En outre, l’objectif de classes mixtes entre serbes, croates et bosniaques n’est pas atteint.

Allée des Snipers à Sarajevo
Allée des Snipers à Sarajevo

La Bosnie-Herzégovine est dotée d’une population jeune. Il s’agit de limiter la diaspora, de fournir de bonnes structures éducatives et sociales, et d’inciter à se maintenir et investir dans le pays.

En matière de ressources énergétiques, si la Bosnie-Herzégovine importe le gaz et le pétrole, elle couvre l’ensemble de ses besoins en électricité grâce à 13 centrales hydroélectriques et 4 centrales thermiques.

  • En 2013, le PIB s’élevait à 13,6 milliards d’euros, soit 3578 euros par habitant.
  • En 2014, l’activité économique a connu un taux de croissance de +0,7%.
  • Selon la Banque mondiale, le salaire moyen s’élève à 400€.

La chimie et la métallurgie constituaient les piliers du PIB, à hauteur de 50% dans les années 1980. Aujourd’hui, le secteur tertiaire représente 65% du PIB. L’industrie, avec le bois, le textile et l’alimentaire concourent à hauteur de 25% du PIB, l’agriculture pour 10%.

La Bosnie-Herzégovine est riche en bauxite, matière première transformable en aluminium. La plus grande entreprise du pays, Aluminj, est un des fleurons de l’économie bosniaque, avec une position très concurrentielle sur le marché européen.

Graffiti à Mostar
Graffiti à Mostar

La Bosnie-Herzégovine exporte principalement des matières premières, sensibles aux fluctuations des marchés : métaux, bois, produits pétrochimiques, produits manufacturés issus de l’industrie textile et automobile. Ses principaux clients sont l’Allemagne, la Croatie, l’Italie, la Serbie et l’Autriche. Ses fournisseurs sont la Croatie, l’Allemagne, la Russie, la Serbie et l’Italie. En 2013, la France était le 13e partenaire commercial du pays.

La Bosnie-Herzégovine cherche à se rapprocher avec l’OTAN et l’Union européenne, mais le chemin reste long en raison de nécessités de réformes politiques et économiques.